Hier mercredi 7 février, au cours d’un point de
presse au ministère, la ministre à la Condition féminine et aux Droits
des femmes, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, a dit constater depuis
quelques semaines une tendance à l’indécence qui se développe au cours
de la période pré-carnavalesque à travers la capitale. Cette tendance
est constatée particulièrement au Champ de Mars où les animateurs, les
artistes et les DJ animent chaque année l’ambiance pré-carnavalesque
pour le bonheur de milliers de fans de ces folles réjouissances.
Le fait est que, selon la ministre Lassègue, des animateurs de chars, en
particulier les DJ, ont recours à des jeunes filles converties en «
stripteaseuses », incitant ainsi des gens malintentionnés à toutes
formes de violence, notamment la violence sexuelle sur le sexe féminin.
« Le corps de la femme n’est pas un quelconque objet. Il doit être
respecté », a estimé Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, dénonçant au
passage l’immoralité que représente ce type de comportement, tant du
côté des animateurs que de celui des jeunes filles qui s’offrent comme
de la marchandise vivante. Ce comportement contribue à l’augmentation de
la violence spécifique sur les femmes, a-t-elle estimé. « Nous rappelons
que ceci n’est pas normal. Les femmes aussi bien que les hommes sont des
personnes à part entière qui méritent le respect de leur intégrité
physique et morale », a soutenu le numéro 1 du ministère à la Condition
féminine et aux Droits des femmes (MCFDF).
La ministre Marie-Laurence Jocely Lassègue a annoncé plusieurs cas de
viol signalés ces derniers temps à l’attention de son ministère. Des
enfants violées, sodomisées. Les conséquences de certains vidéoclips de
carnaval se révèlent dramatiques, a-t-elle dit. Tout en reconnaissant le
travail des DJ en terme d’animation, la ministre Lassègue a demandé à
ces derniers de ne pas, à partir de dimanche prochain, recommencer avec
la scène observée le 5e dimanche pré-carnavalesque.
Aussi, la ministre à la Condition féminine lance-t-elle une mise en
garde non seulement aux animateurs et aux DJ, mais également aux jeunes
femmes qui affichent un comportement malsain durant la période du
carnaval. Quant aux jeunes filles, Mme Lassègue les exhorte au respect
de leur dignité en tant que personne humaine. Elle a rappelé que les
meringues carnavalesques n’étaient pas toujours ce qu’elles sont
aujourd’hui. C’était plutôt, d’après Mme Lassègue, un moment de
défoulement, de critiques mais dans le respect mutuel. « La dérive que
nous constatons cette année, doit être arrêtée le plus vite possible.
Sinon, plus tard sera plus triste », a-t-elle averti avant de convier
les animateurs et les DJ à assumer leur responsabilité face à la nation
haïtienne.
La ministre Lassègue s’est dit consciente de la situation de misère à
laquelle fait face la société, une situation qui pousse des jeunes
filles nécessiteuses à se livrer aveuglé- ment à des obscénités. « Des
jeunes filles acceptent de plein gré de monter sur des chars rien que
pour de l’argent. Nous n’ignorons pas cette réalité », a dit la ministre
soulignant que « toutefois elles doivent savoir les conséquences
néfastes que peut avoir leur comportement sur le reste de la famille
haïtienne ». Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, a appelé au retour de la
raison et de la moralité.
Selon la ministre Lassègue, le ministère à la Condition féminine fait
son devoir en prenant cette position contre « un méfait envers la
société ». Elle a rappelé le rôle de son ministère d’établir,
d’appliquer, d’orienter et de faire respecter la politique de l’État
dans le travail de la mise en place d’une société où hommes et femmes
seront sur le même pied d’égalité.
jeudi 8 février 2007