Contre la banalisation du corps de la femme dans le carnaval

« Exposer une jeune fille à quatre pattes comme un animal sur un char ne peut être qu'une attitude discriminatoire et sexiste », s'est plaint la ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue.
 
 
 
La ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue.
  (Photo: François Louis)
   
« Nous demandons formellement aux DJ détenteurs du monopole de l'animation sur les chars pendant les dimanches précarnavalesques et dans le défilé des jours gras de cesser d'utiliser le corps des jeunes filles à des fins d'amusement. L'intégrité du corps de la femme comme celui de l'homme doit être respecté. » C'est en substance l'essentiel du discours de la ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, dans un point de presse donné ce mercredi 7 février au local du ministère.

La ministre dit constater durant les dimanches précarnavalesques un certain engouement de la part des animateurs de ces festivités de chosifier le corps de la femme et de le mettre en spectacle. Ce constat est fait également dans les vidéoclips tournés sur les écrans de plusieurs stations de télévision du pays. Il revient au ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes et à l'Etat en général de freiner ce phénomène. « Ces images n'ont d'autres conséquences que des incitations à la violence et au viol », a fait remarquer la ministre.

A cet effet, Madame Lassègue dit avoir reçu ces derniers jours plusieurs cas de viol de jeunes filles et de mineures. Le plus odieux est celui d'une fillette de huit ans. « Il faut que cela cesse, exposer une jeune fille à quatre pattes comme un animal sur un char ne peut être qu'une attitude discriminatoire et sexiste », a-t-elle déploré.

Toutefois, Madame Lassègue reconnaît que le chômage qui ronge le pays n'est pas un facteur à négliger dans l'analyse du phénomène. Nombreuses sont les jeunes filles qui s'y adonnent à coeur joie afin de répondre à certains besoins économiques pressants. « Le gouvernement haïtien travaille d'arrache pied pour créer des emplois afin de réduire la misère atroce dans le pays », a indiqué Marie-Laurence Jocelyn Lassègue qui demande à ces jeunes filles de résister à la tentation économiques des DJ et de ne pas se livrer en marchandise.

Nélio Joseph